À la veille de la rentrée scolaire, l’introduction de l’évangile de ce dimanche semble tout indiquée : « en ce temps là, Jésus commença… ». Chaque élève et étudiant commence une nouvelle année d’apprentissage, mais que commence Jésus ? : « montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup … ». Il est vrai que les études peuvent engendrer leur lot de contraintes et d’épreuves. Ce chemin est aussi celui de la sainteté. La philosophe Simone Weil nous ouvre un chemin :
« La clef d’une conception chrétienne des études c’est que la prière est faite d’attention. C’est l’orientation vers Dieu, de toute l’attention dont l’âme est capable. La qualité de l’attention est pour beaucoup, dans la qualité de la prière. La chaleur du cœur ne peut pas y suppléer. […]
Les exercices scolaires |…] sont pleinement efficaces pour accroître le pouvoir d’attention qui sera disponible au moment de la prière, à condition qu’on les exécute à cette fin et à cette fin, seulement.
Bien qu’aujourd’hui on semble l’ignorer, la formation de la faculté d’attention est le but véritable et presque l’unique intérêt des études. La plupart des exercices scolaires ont aussi un certain intérêt intrinsèque ; mais cet intérêt est secondaire. Tous les exercices qui font vraiment appel au pouvoir d’attention sont intéressants au même titre et presque également. […]
Même il importe peu qu’on réussisse à trouver la solution ou à saisir la démonstration, quoiqu’il faille vraiment s’efforcer d’y réussir. Jamais, en aucun cas, aucun effort d’attention véritable n’est perdu. Toujours il est pleinement efficace spirituellement, et par suite aussi, par surcroît, sur le plan inférieur de l’intelligence, car toute lumière spirituelle éclaire l’intelligence. […]
Il faut donc étudier sans aucun désir d’obtenir de bonnes notes, de réussir aux examens, d’obtenir aucun résultat scolaire, sans aucun égard aux goûts ni aux aptitudes naturelles, en s’appliquant pareillement à tous les exercices, dans la pensée qu’ils servent tous à former cette attention qui est la substance de la prière. » (extrait de Simone Weil, Attente de Dieu.)
P. Vincent Thiallier