La solennité du Christ Roi de l’univers fut instaurée il y a 100 ans, grâce à la lettre encyclique Quas primas, promulguée par Pie XI (1857-1939). Dans l’entre-deux guerres, il s’agit de s’en remettre particulièrement au Christ pour accueillir le don de la paix dans les cœurs et, indissociablement, dans la société, ainsi que d’œuvrer à l’édification de la paix.
Liturgiquement, la tonalité de la royauté du Christ est déjà présente dans la fête de l’Épiphanie. Dans la collecte, nous tournons nos prières vers le Christ Roi de l’univers, en qui Dieu a récapitulé toutes choses. Le mouvement de la récapitulation de toute la création dans le Christ fait particulièrement écho à l’attraction de la croix glorieuse annoncée par Jésus : « et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jn 12, 32). Le grec « ta panta » traduit en « tous les hommes » peut être aussi compris comme tout le créé, en tenant compte de la responsabilité donnée par Dieu aux hommes sur la création. Il existe donc une puissance de la mort et de la résurrection de Jésus, mystère central de la foi, sur tous les hommes, à laquelle nous sommes spécialement associés dans la vie sacramentelle.
La solennité de ce jour peut être l’occasion, pour nous, d’une prière particulière pour la paix et d’examiner les modalités par lesquelles nous accueillons la paix du Christ dans nos vies personnelles, dans les groupes auxquels nous participons, et comment nous la diffusons. Les milieux divers familiaux, professionnels, sociaux, dans lesquels nous pouvons évoluer sont des lieux de témoignage de la venue du Royaume de Dieu. Au XXe siècle, le cardinal Walter Kasper a souligné que l’annonce par Jésus de la venue du Royaume de Dieu est au centre de l’Évangile. Elle nous est donc donnée comme un chemin de vie et une occasion de dialogue, en vérité, avec nos contemporains.
P. Alexis Ossola, vicaire