« C’est bien de sagesse que nous parlons devant ceux qui sont adultes dans la Foi, mais ce n’est pas de la sagesse de ce monde, de ceux qui dirigent le monde et qui vont à leur destruction. Au contraire, ce dont nous parlons, c’est de la sagesse du mystère de Dieu » déclare saint Paul aux Corinthiens (2e lecture).
Cette formule de l’apôtre résonne singulièrement : ces derniers jours, l’actualité a mis sous nos yeux les accointances entre des personnages divers qui par leur influence économique, culturelle ou politique dirigent en partie le monde. Cette actualité offre une image repoussante de toute gouvernance. Mais avant de tomber dans un rejet général qui serait assurément erroné, il est bon d’entendre ce dimanche la distinction entre la sagesse de Dieu et celle du monde qu’établit saint Paul.
Il écrit à des Corinthiens, c’est-à-dire les habitants d’une cité portuaire réputée pour le nombre de ses écoles, de ses philosophes et de ses lettrés. La recherche de la sagesse y était réelle. Mais c’est aussi une société profondément divisée, avec une proportion d’esclaves et gens de peu considérable, sous la tutelle de quelques grandes fortunes. Le relâchement des mœurs et la corruption y étaient proverbiaux. Il n’est peut-être pas interdit d’établir un rapport avec notre société.
Or c’est dans ce contexte que saint Paul prêche « un Messie crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, il est le Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes » (1 Corinthiens 1, 23-25).
Dans quelques jours le carême nous est donné pour mettre nos pas dans ceux du Christ jusqu’à sa Passion. Reconnaissons en lui le puissant qui choisit la faiblesse, le roi qui offre sa vie, le sage qui s’humilie. Suivons-le, imitons-le.

P. Vincent Thiallier