Il y a plusieurs manières de présenter le déroulement de la messe, mais le dialogue apparaît comme un bon moyen de nous situer à chaque moment de la liturgie. Cela correspond à l’évangile que nous entendons ce jour : la voix du Père résonne pour désigner le Fils qui s’abaisse dans les eaux du Jourdain et répondre ainsi à saint Jean Baptiste.
La messe est donc un dialogue entre l’assemblée que nous constituons, qui est corps du Christ et Dieu le Père. Le prêtre assume, selon les moments, de porter la parole de l’assemblée adressée au Père et à d’autres moments, la Parole du Christ pour son Église.
Dès l’entrée, nous nous constituons comme assemblée par le chant et la salutation mutuelle. La première parole que nous adressons à Dieu, c’est de demander son pardon comme Jésus en donne l’exemple (Luc 18, 9-14). Dieu répond en donnant le pardon, sur quoi nous enchaînons en chantant sa gloire avec les anges.
Puis dans la première partie de la messe, Dieu parle à travers les passages de la Bible. Nous répondons par le chant du psaume, par l’acclamation ‘Alléluia’, avant de professer la Foi de notre baptême. Après cela nous lui présentons nos intentions de prières.
Dans la seconde partie de la messe, l’eucharistie, nous présentons à Dieu nos offrandes, puis c’est notre grande action de grâce (eucharistie), qui monte vers Dieu le Père, dite par le prêtre au nom de toute l’assemblée. En son cœur, les paroles de Jésus à son dernier repas nous donnent la réponse du Père : il nous donne son Fils bien-aimé pour que notre vie baptismale soit nourrie de son corps ressuscité.
Il est remarquable que ce petit mot d’envoi : « ite missa est » « Allez » en soit venu à désigner toute l’action de la célébration : la messe. Comme si nous ne venions que pour cela : être envoyés pour témoigner de ce dialogue avec Dieu par toute notre vie quotidienne dans la semaine qui commence en ce dimanche.

P. Vincent Thiallier