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Biographie

  • 25 Novembre 1881 : Naissance d’Angelo Roncalli, à Sotto il Monte, petit village près de Bergame., dans une famille de 12 enfants. Ses parents sont des paysans métayers.
  • 10 Août 1904 : Angelo Roncalli est ordonné prêtre.
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  • En janvier 1905 : il est secrétaire de Mgr Radini-Tedeschi, nouvel évêque de Bergame et propagateur de l’Action Catholique.
  • Avril 1915 : rappelé sous les drapeaux, sergent dans le service de santé.
  • Déc. 1920 : nommé au service de la Propagation de la Foi à Rome.
  • 22 janvier 1922 : mort de Benoît XV. Pie XI est élu pape.
  • Mars 1925 : nommé Visiteur Apostolique en Bulgarie – sacré évêque, séjourne à Sofia
  • Novembre 1934 : nommé Administrateur Apostolique du Vicariat Apostolique à Istanbul où il arrive le 4 janvier 1935.
  • 10 février 1939 : Pie XI meurt . Pie XII est élu pape.
  • 22 décembre 1944 : nommé Nonce Apostolique en France.
  • 12 janvier 1953 : créé cardinal ; Patriarche de Venise le 15 janvier.
  • 28 octobre 1958 : est élu pape et prend le nom de JEAN XXIII.
  • 25 janvier 1959 : annonce la réunion d’un Concile Œcuménique pour l’Eglise universelle.
  • 15 mai 1961 : Encyclique Mater et Magistra.
  • 11 octobre 1962 : ouverture du Concile VATICAN II .
  • 10 avril 1963 : Encyclique Pacem in Terris.
  • 10 mai 1963 : reçoit le prix « Balzan » pour la paix.
  • 3 juin 1963 : mort de JEAN XXIII.
  • 3 septembre 2000 : JEAN-PAUL II béatifie son prédesseur, le « bon pape » JEAN.

Son Témoignage de Foi

Sa foi s’enracine dans son enfance, « nous étions pauvres, écrit le pape Jean, mais contents de notre condition et confiants dans l’aide de la Providence ».

Sa confiance en Dieu lui fait écrire dans son journal, en 1902: « Dieu semble m’avoir entouré de ses soins les plus délicats et les plus maternels ».
Sa devise préférée, dès 1902, que lui a transmise le P. Pitochi, lors d’une retraite est : « Dieu est Tout, je ne suis rien ».

Son attachement au Christ est fort, dès le séminaire : « le secret de toutes choses est de nous laisser porter par Dieu pour ainsi le porter aux autres »(journal).

Né dans une « famille pauvre des biens de la fortune mais riche de foi et de crainte de Dieu », il témoigne sa reconnaissance à ses parents pour lui avoir transmis une foi vécue, « ce que j’ai appris de vous reste le plus précieux et le plus important ». (Lettres)

Contemporain de Thérèse de Lisieux, Angelo Roncalli a vécu dès ses années de séminaire, la « petite voie », qui est « l’accueil quotidien du Seigneur et la marche quotidienne vers Lui », à travers une spiritualité « grande ouverte sur l’essentiel », (Cardinal Ratzinger).

Dans son Journal, tenu depuis sa jeunesse, «on touche une foi, qui bat au cœur du métier » Zizola.

Après sa nomination comme Nonce Apostolique en France, Mgr Roncalli écrit : « le succès en face du monde m’importe peu…je bénis Dieu qui m’aide ». (Journal)

Engagement social du P. RONCALLI

Jean16.jpg En automne 1909, une grève éclate dans une usine de 800 ouvriers, à Bergame. Ceux-ci venaient de créer un syndicat : « La Ligue des ouvriers ». Pour venir en aide aux grévistes, une souscription est lancée, à laquelle participe l’évêque de Bergame, Radini-Tedeschi, soutenu par son secrétaire Don Roncalli dans la presse locale, et par les prêtres du diocèse. Roncalli écrit : « la préférence du Christ va aux déshérités, aux faibles et aux opprimés » Pasqua 1976.

Lors de son séjour en Bulgarie, il se fait proche des chrétiens uniates (chrétiens unis à Rome), qui vivent pauvrement dans une région montagneuse de ce pays, va à leur rencontre dans des villages très difficiles d’accès et voyage à cheval, en charrette, ce qui rend compte de son souci missionnaire.

Ses actions en faveur de l’oecuménisme

Jean07-Istanboul_1934.jpg Roncalli est convaincu qu’en matière d’œcuménisme : « mieux vaut la charité que les discussions théologiques ».

« Les catholiques et les orthodoxes ne sont pas des ennemis mais des frères. Nous avons la même foi », (lettre 1926).

Très tôt, Roncalli œuvra pour l’unité des chrétiens. En 1927, évêque de Sofia, il déclare à un rassemblement oecuménique : « J’espère que mon séjour en Bulgarie (conduira) à un renouveau de fraternité entre les Eglises et d’unité autour du Prince des Apôtres ».

L’élection de Pie XII en 1939, donne lieu à une première historique. Un représentant du patriarche, Benjamin I, assiste aux côtés de Roncalli, au Te Deum, chanté en l’honneur du nouveau pape.

Roncalli et le patriarche œcuménique Benjamin I se rencontrent et se donnent le « baiser de paix », geste fort pour les chrétiens orthodoxes. A propos de l’œcuménisme, Roncalli a foi que le long terme portera ses fruits.

Ses interventions pour la paix

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En octobre 1962, éclate la « crise de Cuba». La guerre nucléaire mondiale menace.

JEAN XXIII publie son encyclique « Pacem in terris » le 11 avril 1963, en pleine guerre froide, qu’il présente ainsi: « Elle est consacrée à une juste organisation de la société en vue d’atteindre le bien précieux de la paix ».

C’est un exposé « sur la paix entre toutes les nations fondée sur la Vérité, la Justice, la Charité, la Liberté », adressé non seulement aux fidèles catholiques, mais aussi « à tous les hommes de bonne volonté ».

Ses actions pour la protection des personnes

A partir de 1939, Mgr Roncalli se porte au secours du «juif persécuté, du partisan grec, des prisonniers de guerre italiens ou allemands ».
En Grèce, Mgr Roncalli organise des secours, pour les victimes de la famine, début 1942. « Ma vie se passe dans l’exercice de la charité. Ici, elle s’exerce envers tous », écrit-il, le 19 février 1942. (Lettres à ma famille).
Des milliers de juifs de Slovaquie, relégués en Hongrie, puis en Bulgarie obtinrent des visas de transit pour la Palestine, signés de sa main. « Il a aidé 24000 juifs en leur fournissant habits, argent et papiers » note Zizola, dans Oggi 1963.

Les grandes orientations de son pontificat

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« Promouvoir la restauration de l’unité entre tous les chrétiens est l’un des buts principaux du saint concile oecuménique de Vatican II » (Décret sur l’oecuménisme)
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L’ouverture d’un Concile œcuménique

pour l’aggiornamento de l’Eglise : l’ouverture de l’Eglise au monde. Dans son discours de convocation du Concile Vatican II, le 24.01.1959, JEAN XXIII déclare : « Il faut faire nôtre la recommandation de Jésus qui nous invite à discerner les « signes des temps »…..et trouver au milieu de tant de ténèbres les indices innombrables qui incitent à l’espérance. Je veux ouvrir largement les portes de l’Eglise… ».

La paix dans le monde : encyclique Pacem in Terris

– 156 – «L’homme égaré dans l’erreur reste toujours un être humain et conserve sa dignité de personne, à laquelle il faut toujours avoir égard » (Extrait).
Sous son pontificat, le Vatican s’ouvre à l’est. Jean XXIII reçoit en audience, Alexeï Adjoubéi, alors ministre des Affaires étrangères de l’URSS, et son épouse.
L’encyclique Pacem in terris dont le retentissement et la diffusion furent énormes, « facilita le dialogue avec les incroyants, tout particulièrement avec les mouvements marxistes….C’est un changement d’attitude considérable… » note Pierre de Charentenay, jésuite.

Souci des pauvres : une Eglise servante

« Notre âme est saisie de profonde amertume devant ce spectacle infiniment triste: une foule de travailleurs en de nombreux pays et sur des continents entiers, reçoivent un salaire qui les oblige, eux et leur famille, à des conditions de vie sous-humaines(….). Mater et Magistra, 15 mai 1961.

Portrait

Jean140.jpg Après son élection à la papauté, un journaliste note que Roncalli a « des yeux pétillants de malice », the Sunday Times 1983.

Sa simplicité lui gagne tous les cœurs : Que le pape se promène dans les jardins du Vatican et bavarde avec les jardiniers, cela devient un événement important.

Son humour devient célèbre. Un cardinal élu depuis peu, se plaignait de sa nouvelle charge. Jean XXIII lui aurait répondu : « C’est vrai, Eminence. A moi aussi, il me vient quelquefois de ces idées. Alors je prie mon ange gardien et il me dit : « Giovanni, Giovanni, ne te prends pas trop au sérieux ». Jean Chélini. Chroniques romaines 1962 – 2012.

Son sens humain n’a d’égale que sa bonté : à l’Action Catholique romaine venue lui rendre hommage, sur la place Saint-Pierre, le soir de l’ouverture du concile Vatican II, Jean XXIII déclare : « Chers fils, au soir de cette grande journée, tous les catholiques, tous les chrétiens, tous les hommes de bonne volonté ont les yeux tournés vers Rome, à cause du concile….Votre hommage me touche beaucoup. Mais ma personne n’est rien. Jean08.jpg Nous sommes tous frères et je suis le Père qu’a bien voulu désigner le Seigneur….Foi, espérance et charité, cultivez ces vertus chrétiennes pour rendre plus facile, plus fraternelle, la vie en ce monde et mériter la vie éternelle….En retournant chez vous, s’il y a des petits enfants, faites-leur une caresse, et dites-leur que c’est la caresse du pape. Si vous rencontrez des âmes dans la douleur, dites-leur que le pape est avec elles…. » (Chélini : chroniques romaines).

Lui qui déclarait, dans sa 1ère allocution à Venise, en 1953 : « La seule façon d’être chrétien est d’être bon », ou encore : « celui-là seul qui œuvre pour une bonne cause est un authentique chrétien », proche de la conception du théologien allemand, Karl Rahner sj, à propos des « chrétiens anonymes », devient le« bon pape Jean ».

De la simplicité à la naïveté, le pas est vite franchi.

Il doit affronter des calomnies : « Je pardonne et j’oublie » note-t-il dans son journal.

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Le 11 octobre 1962, JEAN XXIII ouvre le Concile œcuménique Vatican II « le plus grand événement du siècle », selon Jean Chélini. (Chroniques romaines 1962 – 2012).